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 [Essai] De l'écriture, et de l'écriture Cistercienne

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clarrissia
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MessageSujet: [Essai] De l'écriture, et de l'écriture Cistercienne   Mer 11 Jan - 4:20

Citation :
Essai

De l'écriture, et de l'écriture Cistercienne.



Introduction

Quand écrire devient une purgation et une échappatoire... Ecrire pour se rappeler, écrire pour se vider, écrire pour s'exprimer, écrire pour faire rêver, écrire pour exister... Exister, Créer, Rêver, Imaginer, Réaliser, Exprimer

Est-il nécessaire d’être un écrivain reconnu pour pouvoir porter sur la littérature un regard pertinent ? Non ! En ce domaine, comme dans bien d’autres, la liberté doit être totale puisque personne n’a jamais pu démontrer qu’il fallait être capable de tenir un pinceau pour savoir parler d’une œuvre picturale …

Il n’empêche que, lorsque ceux qui ont la passion de créer chevillée au corps décident de nous livrer leurs analyses, (j'en veux pour exemple tous les retraitants et séminaristes ayant daigné laisser un peu de leur âme et de leur richesse culturelle à Noirlac par l'intermédiaire de leurs écrits), c’est toujours avec un grand plaisir que nous les accueillons puisqu’en nous parlant des autres, ils nous parlent aussi d’eux-mêmes et nous aident à mieux saisir leur démarche.
J'aime les propos de personnes qui s’interrogent, qui doutent, qui cherchent à faire partager sans jamais vouloir imposer un point de vue.
Ces démarches, toutes entières empreintes de prudence et de respect me séduise comme me séduit cette manière de jeter des ponts vers d’autres aires culturelles afin de pondérer certaines croyances intransigeantes qui nous condamnent à la solitude et à la mort.



Ecrire, c'est exister.


Un jour, il faudra qu’on arrête d’opposer les langues et les cultures qui sont à notre disposition, et que nous nous servions de façon sereine de tous ces outils afin de mieux connaître, apprendre et comprendre les différentes philosophies. En acceptant avec lucidité que les divergences d'opinions, quelle que soit la langue d’un auteur sont une chance et non un handicap.


Lire un récit, une nouvelle, un roman, un essai... c’est révéler une lecture et inscrire sa voix dans un autre registre, dans un monde autrement perceptible, puisque le rythme, le code et l’articulation du texte, même s’ils appartiennent à la grande famille des littéraires, sont profondément différents.
L’ œuvre de Noirlac remonte à très loin et continue de se perpétuer dans la spiritualité de ses retraitants et de ceux qui les entourent. Pour autant, c’est bien notre propre humanité qui nous est révélée dans les grimoires bien protégés de notre bibliothèque. N'allez pas croire qu'être cistercien signifie compassion et pardon systématique. Les moines de l'abbaye emmenés par de fortes têtes pensantes ne sont pas toujours tendres avec la communauté des Humains, et sans complaisance avec les dérives – sociales ou intellectuelles – de son peuple, tout en restant en même temps des défenseurs de la cause humaine.

Voilà une démarche que je peux comprendre. Lorsque l’on a envie de dire certaines vérités, il faut commencer par révéler celles qui sont en nous. Les masques que l’on porte, et les mythes sur soi, c’est très bien si l’on veut faire de l’idolâtrie. Mais porter une parole crédible, ça demande mieux que ça. Aspirer à la liberté, ça veut dire, sans victimisme, sans outrance, être capable de s’affranchir soi-même des lourdeurs internes qui stérilisent la pensée.

L’écriture est une prise de parole. C’est un individu qui parle, porteur de tout ce qui l’a rendu lui-même et qui sent, à un moment donné, que seule l’écriture permettra de saisir la complexité de ce qu’il veut dire. Le cistercien est dans le temps. Il est dans un espace, sa langue, sa société, son monde, sa vie. Mais son espace ne se résume pas à un espace essentiellement géographique ou culturel ou étatique. L’espace de Noirlac n'est pas un lieu d'enfermement, c'est une porte magnifique pour explorer la réalité du monde. Juger Noirlac comme un lieu hermétique et clos est condamnable, car c'est mensonge et cette condamnation me fatigue, car elle n’est pas réalité, ni humaine, ni historique.

Que l'on ne nous accuse pas de prosélytisme, nous avons des relations avec l'extérieur, sur le plan spirituel, ainsi la communauté cistercienne reste-t-elle équilibrée pour que tout ne soit pas dirigé uniquement sur un seul dogme ; d'où les créations de groupe de partage et de discussions...même si l'on sait que les conversations sur les dogmes divise...car elle est impossible. On parle donc du chemin vers Dieu. On prie en silence, chacun selon sa prière.

La communauté cistercienne vit de très belles choses. C'est une vie en communauté pour représenter Christos et l'Eglise Arisotélicienne. C'est une très belle vocation. Elle peut aller loin. Christos est plus grand que l'Église. Il nous a appris à être plus proches de Dieu. Plus on est proches de Dieu, plus on est proches les uns et des autres. Et réciproquement, plus on est proches les uns des autres, plus on est proches de Dieu. Toute la philosophie Arisotélicienne est là-dedans!



Chaque communauté, chaque philosophe, chaque être humain est libre de trouver les chemins de sa liberté, et à mon sens là est le vrai acte d’émancipation de l’écriture : envers et contre tout, y compris en dépit de ses propres lecteurs, de son environnement le plus cher, un auteur quel qu'il soit, cistercien ou autre, exerce – quels que soient ses choix – un acte d’insoumission absolue. De celui qui s’enferme dans une parole intimiste et personnelle à celui qui parle haut et fort en défendant une cause, tous les écrivains procèdent du même souffle irréductible qui fait de la littérature, tout au long de l’histoire, un objet de défiance pour les candidats à la tyrannie.

Quand on écrit on est pas seulement un héraut de quelque chose, mais on manifeste un besoin, une quête. Plutôt que la recherche de " LA VERITE ", je crois que le cistercien est en attente de SA VERITE, le plus souvent une vérité qui relève de l’intime, du personnel, en osmose parfaite avec la parole de Dieu. La magie de l’écriture c’est qu’elle permet au lecteur de s’approprier cette quête, de la jauger, de l’aimer ou de la récuser. Les pouvoirs n’y peuvent rien, j’ai envie d’être grossière mais je ne le serai pas, je resterai décente : écrire est un acte libertaire, un acte où s’exprime la profonde liberté de l’individu par rapport au monde, au réel. Les pouvoirs peuvent braire, le cistercien lui il chante. Ce sont des créateurs qui racontent un monde qui leur est cher et qui compte pour eux.

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