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 [Mémoire] Marie_clarence : De l'intérêt du brassage dans la vie monacale

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Eloin
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MessageSujet: [Mémoire] Marie_clarence : De l'intérêt du brassage dans la vie monacale   Ven 24 Jan - 15:54

De la bière à la boulasse, intérêt du brassage dans la vie monacale


Carte du Prieuré Sainte Illinda de Rivet avec ses champs et l'atelier

I. Introduction



Les monastères ont été dédiés à la fabrication de la bière. Depuis des décennies, les moines/moniales, brasse le houblon entre leurs heures de travaux et de prières. Mais est ce que le brassage, la consommation de produit alcoolisés et leur distribution nous rapproche t-il de la vertu ?

Avant d'entrer dans les grandes lignes encore faut il savoir ce qu'est le brassage :

Citation :
L'atelier de brassage
Le fonctionnement de l'atelier est complexe.



  • Matériel nécessaire pour un cycle complet de brassage:
    - 10 sacs de blé
    - 1 stère de bois
    - 10 sacs de houblon
    - 10 tonneaux
    - Des moines
    - 20 journées

  • 1 - Nettoyage du blé
    - But: Le blé doit être nettoyé avant toute opération ultérieure.
    - Capacité: Nettoyage de 1 à 10 sacs de blé par jour.
    - Rendement: 1 sac de blé nettoyé donne 100 unités de blé nettoyé.
    - Main d’œuvre: 1 moine peut nettoyer de 1 à 10 sacs de blé par jour.
    - Technique: Avant de passer à l'étape suivante il est préférable d'accumuler 1000 unités de blé nettoyé, il est donc intelligent que le moine qui travaille nettoie 10 sacs de blé d'un seul coup afin que cette étape ne dure qu'une seule journée.

  • 2- Trempage
    - But: Augmenter le taux d'humidité du blé pour permettre sa germination. Les grains sont ainsi trempés dans l'eau.
    - Capacité: Trempage de 1000 unités de blé nettoyé par jour.
    - Rendement: 1000 unités de blé nettoyé sont transformées en 1000 unités de blé au taux d'humidité de 45% environ.
    - Main d’œuvre: 1 moine peut tremper 1000 unités de blé nettoyé par jour.
    - Technique: Avant de passer à l'étape suivante il est préférable d'accumuler 1000 unités de blé trempé, il est donc intelligent que le moine qui travaille trempe 1000 unités de blé nettoyé d'un seul coup afin que cette étape ne dure qu'une seule journée.

  • 3- Germination
    - But: Étendre les grains de blé humidifiés sur de grandes aires qui forment le germoir et vérifier la température et le taux d'humidité des grains afin de permettre une bonne germination.
    - Capacité: Germination de 1000 unités de blé par journée.
    - Rendement: 1000 unités de blé trempé sont transformées en 1000 unités de blé germé, si tout se passe bien.
    - Main d’œuvre: 1 moine peut traiter 50 unités de blé trempé par jour.
    - Processus: Le taux d'humidité du blé trempé, après mise en service du germoir, est de 45%, et sa température autour de 15°C.
    - Chaque heure, chacun des moines qui travaillent dans le germoir (ainsi que l'abbé) peut modifier l'un de ces paramètres de + ou - 1 °C ou de + ou - 1% d'humidité.
    - Si personne n'a modifié un paramètre, alors celui-ci évolue spontanément. Dans ce cas, toutes les heures, la température peut évoluer spontanément entre +0°C et +1°C, et le taux d'humidité peut évoluer entre -2% et 0%.
    - La température doit rester comprise entre 10°C et 20°C. Le taux d'humidité doit rester compris entre 37% et 50%. Au cas où ce ne serait pas le cas à une heure donnée, alors il sera appliqué une pénalité: 2% de la quantité de blé en entrée sont perdus pour chaque point d'humidité ou chaque degré d'écart avec la fourchette. Ainsi, une température de 22°C provoque la perte de 4% du blé.
    - Technique: 1 moine peut s'occuper de la germination tout seul en une journée, mais il faut qu'il soit présent toutes les heures pendant 20h, ce qui peut être très contraignant pour lui, aussi mieux vaut que les moines s'organisent pour planifier un roulement, ainsi jusqu'à 20 moines peuvent se relayer tout au long de la journée.

  • 4- Touraillage
    - But: Stopper la germination en supprimant l'humidité des grains en les chauffant dans une touraille.
    - Capacité: 1000 unités de blé germé par journée.
    - Rendement: 1000 unités de blé germé donnent 1000 sacs de malt, si tout se passe bien.
    - Main d’œuvre: 1 moine peut traiter 500 unités de blé germé par jour.
    - Processus en 3 phases
    - Phase 1: Allumage de la touraille: c'est l'abbé qui le fait. Nécessite une stère de bois.
    - Phase 2: Dessiccation: L'humidité s'échappe. La température doit rester entre 40°C et 50°C. La température est vérifiée automatiquement toutes les deux heures.
    Toutes les deux heures, 1 moine peut modifier la température de + ou - 1°C. Si personne n'a modifié un paramètre, alors celui-ci évolue spontanément et dans ce cas, toutes les deux heures, la température peut évoluer entre -1°C et +1°C.
    - Phase 3: "Coup de feu": Pendant 2 heures, la température doit être élevée entre 80°C et 105°C. La température est vérifiée automatiquement toutes les demi-heures.
    1 moine doit augmenter brutalement la température, puis éteindre deux heures plus tard (il faut contrôler la température)
    Toutes les demi-heures, 1 moine peut modifier la température de + ou - 2°C. Si personne n'a modifié un paramètre, alors celui-ci évolue spontanément et dans ce cas, toutes les demi-heures, la température évolue de façon un peu complexe:
    entre +5°C et +15°C la première demi-heure
    entre +0°C et +3°C la deuxième demi-heure
    entre -2°C et +1°C la troisième demi-heure
    entre -3°C et 0°C la quatrième demi-heure
    entre -5°C et -2°C les demies-heure suivantes
    Le coup de feu doit durer entre 2h et 2h30. S'il dure moins longtemps, il y aura des pertes de 25% par demi-heure manquante par rapport à 2h. Au delà de 3h, tout sera perdu.
    Les pénalités éventuelles sont les mêmes que dans le cas de la germination, pour les deux phases.
    - Technique:
    Il faut impérativement faire le coup de feu avant la fin de la journée, sinon le touraillage est fortement compromis.
    Une coopération entre tous les moines est absolument nécessaire afin que la température et l'humidité soient surveillées de façon optimale: si plusieurs moines décident d'agir en même temps, cela peut tourner très vite au désastre total et à une perte conséquente de tout le blé germé.

  • 5- Brassage
    - But: Brasser le malt afin d'obtenir du moût.
    - Capacité: 10 sacs de malt par journée.
    - Rendement: 1 sac de malt brassé donne 100 unités de moût.
    - Main d’œuvre: 1 moine peut brasser 5 sacs de malt par jour.
    - Processus: La température du malt doit être comprise entre 68°C et 76°C.
    La température est vérifiée automatiquement toutes les heures.
    Toutes les heures, 1 moine peut modifier la température de + ou - 1°C. Si personne n'a modifié un paramètre, alors celui-ci évolue spontanément et dans ce cas, toutes les deux heures, la température peut évoluer entre -2°C et +1°C.
    - Technique: 2 moines suffisent pour cette opération afin de brasser la totalité des sacs de malt.

  • 6- Houblonnage
    - But: Stabiliser le moût et donner du goût en ajoutant des sacs de houblon.
    - Capacité: 1000 unités de moût par journée.
    - Rendement: 1000 unités de moût houblonné.
    - Main d’œuvre: 1 moine peut houblonner 1000 unités de moût par jour.
    - Processus: Ajout de sacs de houblon au moût. Il faut 1 sac de houblon pour 100 unités de moût.
    - Technique: 1 seul moine suffit pour houblonner les 1000 unités de moût, par contre il ne faut pas oublier d'approvisionner l'atelier de brassage en sacs de houblon...

  • 7- Fermentation
    - But: Afin que les pitites bulles et l'alcool si agréables d'une bière de qualité se forment, une phase de fermentation est nécessaire.
    - Capacité: 1000 unités de moût houblonné par journée.
    - Rendement: 1000 unités de moût fermenté donnent 1000 unité de bière par jour.
    - Main d’œuvre: 1 moine peut fermenter 1000 unités de moût houblonné par jour.
    - Processus: La température doit rester entre 15°C et 20°C pendant 3 journées. La température évolue peu, mais il faut la surveiller tout de même.
    - Technique: 1 seul moine suffit pour fermenter les 1000 unités de moût houblonné. Il doit juste être présent pendant 3 jours afin de bien surveiller la température.

  • 8- Conditionnement
    - But: Conditionner dans des tonneaux, plus aptes au transport que des grandes cuves, afin de vendre la bière aux taverniers.
    - Capacité: 1000 unités de bière par journée.
    - Rendement: 1000 unités de bière conditionnées donnent 10 fûts de bière par jour.
    - Main d’œuvre: 1 moine peut remplir 5 fûts de bière.
    - Processus: Il faut 1 tonneau pour 100 unités de bière.
    - Technique: 2 moines suffisent pour cette opération afin de conditionner la totalité des unités de bière, par contre il ne faut pas oublier d'approvisionner l'atelier de brassage en tonneaux.


II. Des vertus s'exprimant au travers du brassage



Comme nous venons de le voir ci-dessus, les monastères disposent d’un atelier de brassage et de champs de houblon.

Le brassage nécessite une grande quantité de matière première qui doit être conservée et utilisée avec parcimonie afin d'augmenter la rentabilité. Ainsi il s'agit d'une vertu de conservation . Une conservation du blé et du houblon via une transformation.

C'est aussi un travail de précision. En effet, le brassage joue sur les températures, les moines doivent constamment surveiller et trouver le juste milieu afin que les diverses opérations se passe pour le mieux, c'est tempérance.

Il nécessite plusieurs mains d’œuvres nous pouvons donc postuler que le brassage est un travail d'équipe et fait appel au don de soi. Il faut faire abstraction de son envie, de ses priorités pour travailler à l'atelier, pour la communauté et ensemble. Ce qui nous lie aussi à l'amitié, brasser c'est aussi un acte de patience, méticuleux.

Mais aussi au plaisir, car n'est il pas plus merveilleux que de travailler pour rendre les autres heureux ?

Enfin, le brassage est une voie vers la conviction, espérer une meilleur bière, un meilleur houblon, car bien que les moines et moniales font vœux de chastetés, le fruit de leur labeur, de leur savoir perdure à travers les générations dans l'intérêt de la société extérieur au monastère.

III. De la spiritualité à travers le brassage



Citation :
Dieu avait ordonné aux hommes et aux femmes de travailler pour assurer leur subsistance. Ce dur labeur les éloignait ainsi de l’acédie. Et les hommes et les femmes savaient être inventifs, car Dieu les avait conçus ainsi. Ils récoltaient ce qu’Il avait placé pour eux dans la nature. Ils se mirent à contrôler ces ressources afin d’assurer leur subsistance et leur vie n’en fut que meilleure.

Extrait du Livre de la Pré-Histoire - Chapitre II - « Le travail »


Citation :
" Les fidèles de Dieu, ceux qui ont appris l’enseignement d’Aristote et qui veulent suivre le chemin que je vous trace, doivent former une communauté de vie. Cette communauté trouvera son sens, et permettra à chacun de vivre dans la vertu, si elle est unie dans l’amitié réciproque que chacun de ses membres se doit d’éprouver envers ses semblables.

Extrait de La Vita de Christos - Chapitre XI


Ainsi nous pouvons postuler que le brassage est appuyé par les textes Saints car un monastère est une communauté en lui même guidé par la vertu où chacun travaille dans un but de vie, travaillant la terre, et dans le cas d'un atelier de brassage, transformant le résultat en bière, ensemble par amitié.

Nous venons de montrez que l'activité de culture, brassage lié à la bière est liée par divers vertus, où les moines et moniales travaillent et transforment les fruits de la terre mis à disposition par le Très Haut. Dans les textes, Christos lui même invite à la communauté. Dans un monastère, le brassage fait partie intégrante de cette communauté.

Un but qui ne vit pas en cercle fermé uniquement destiné au monastère lui même, c'est un travail d'échange interne mais aussi externe par le commerce . Il permet aux moines/moniales dans leur vie pieuse entre la prière et le travail d'avoir une interaction avec l'extérieur. Des échanges avec la société, des nouvelles, la vente de bière permet également la vie des moines puisque la vente permettra l'entretien des bâtiments consacrés, du monastères et l'achat de biens nécessaires à la communauté.

Mais c'est également un un moyen induit de rappeler aux fidèles l'existence du monastère. La bière qui sera bue, fait un appel inéluctable vers ses origines. Le fidèles qui la déguste et l'apprécie se ravira, se questionnera sur son origine et qui sait peut être un jour viendra t'il visiter le monastère ou parlera t'il de lui pour son excellent produits.

IV. D'alcool et d'ivrognerie



La question qu'on pourrait se poser est : Est ce que le fait de travailler l'alcool est juste ? En effet, la bière fabriquée est vendue aux quatre coins des royaumes. Mais la bière source de plaisir peut être aussi source d'excès.

Citation :
Le bourreau lui fit boire de force du vin en grande quantité mais la sainte ne faiblissait pas, soutenue par Aristote, elle supportait vaillamment son martyre, tout en prêchant encore depuis l’échafaud.
Childehald, fou de rage, décida d’en finir et ordonna de la noyer dans le dernier fut de Hautes-côtes de Beaune qu’il restait.
Quand on retira Boulasse du fût, son visage resplendissait de bonheur. Devant ce spectacle surprenant, Childehald fut frappé de repentir et, touché par la grâce, il se converti et fit convertir tout son peuple.
Ayant accompli sa tâche terrestre et ouvert la voie à la conversion des alamands, Boulasse décida de cuver tranquillement auprès du Seigneur et de rejoindre le soleil.

· Il vaut mieux la bière dans le corps que le corps dans la bière.
· Il faut boire avec modération et prier avec ferveur.

* Extrait de l'hagiographie de Sainte Boulasse


Sainte Boulasse fut soutenue par le Très Haut dans son martyre car oui il est bien connu que l'ingurgitation de trop d'alcool nuit gravement au travail, à la santé en empêchant toutes actions et raisonnement dignes. Mais l'alcool dans lequel a été plongé Sainte Boulasse lui a également rendu un état bienheureux, "touché par le bonheur". Un bonheur divin que le Très Haut lui a accordé.

Aussi, il serait injuste de dire que boire est mal ou mauvais. Non boire est un plaisir qui rends heureux. Car boire une bière, du vin est souvent un acte convivial qui rapproche la société. Rare sont les humains qui boivent seul, se réunissant dans les tavernes, dans des fêtes....C'est un moment de partage social, d'amitié, de gaieté de déguster une boisson qui nous donne un peu de joie et d'ivresse nous permettant de voir le monde d'un autre regard.

Mais il est nécessaire de rappeler que l'homme est maître de son chemin et les deux citations de paroles de Sainte Boulasse nous montre bien qu'il faut consommer avec modération la bière. Prenant part aux plaisirs que nous offre le breuvage mais ne point en abuser car l'issue serait fatale et nous serions tenter par la bête Sans Nom.

IV. Conclusion



En sommes, je dirais que le brassage dans un monastère est un travail de vie communautaire guidé par diverses vertus. Il mène à une réflexion et un but spirituelle de vie qui s'étendra au delà du temps et au delà des portes du monastères puisque le fruit du travail sera rependu pour le bonheur d'autrui.

Car ce n'est point un mal que de créer des breuvage qui feront plaisirs aux hommes, leur donneront des occasions de partagent ensemble également. Mais il est bon aussi de rappeler que chaque homme est libre d'user de ce divin breuvage selon sa conscience et qu'il n'est jamais bon d'abuser des choses. Il faut savoir user de tempérance sur ce qui nous est offert.

Mémoire rédigé en vue de l'obtention de la licence d'Aristologie à l'Abbaye de Noirlac
Ecrit par Soeur Marie Clarence,
Au Prieuré Sainte Illinda de Rivet,
Le 19 janvier de l'an de Grâsce 1462

_________________
Vice Chancelière de la Congrégation des Affaires du Siècle, Rectrice de l'Ordre Cistercien
Illustrations Religieuses
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