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 [Mémoire] : Haerindor : De l’isolement monacal comme possible péché d’orgueil

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uriel
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Date d'inscription : 27/01/2009

MessageSujet: [Mémoire] : Haerindor : De l’isolement monacal comme possible péché d’orgueil   Mer 7 Juil - 19:08

De l’isolement monacal comme possible péché d’orgueil


L’on considère généralement que la retraite spirituelle des moines et moniales est chose nécessaire. Du sacrifice qu’ils font de leur vie temporelle – renoncement à tout plaisir matériel – découlerait un « rétablissement de la balance » : leurs prières et leur ascèse seraient autant de demandes de pardon au Très-Haut pour les péchés commis par les hommes.
L’Ermite que rencontre Aristote sur la route de Mégare fait péché d’orgueil : il se veut « le meilleur homme », loin des tentations matérielles inutiles. Peut-on alors considérer ce retrait des choses temporelles des hommes d’Eglise – cénobites et anachorètes - comme utile ? Ne serait-il pas au contraire recherche d’une fuite de la société ?


* * *

Si la vie du fidèle est avant tout vie en société, base même de la communion des saints, alors son refus volontaire est un péché d’orgueil – soit le péché engendré par l’illusion de pouvoir s’extraire de l’ensemble de l’humanité réunie en société, de lui être extérieur et/ou supérieur de quelque manière que ce soit. Hors il est du devoir de ceux qui ont reçu l’ordination de guider les fidèles vers la lumière ; loin alors d’être un moyen de racheter les fautes d’autrui, le retrait spirituel de ces hommes et femmes pourrait alors causer l’ire de Dieu. Aristote nous dit : « Etre un humain, c'est vivre selon la vertu. Et la vertu est une pratique qu'on ne peut exprimer qu'avec les autres. »
De plus, rien ne rend théoriquement possible le rachat des péchés d’un homme par la vertu exacerbée d’un autre : la compassion est possible même envers le pécheur, mais parler de « rachat », c’est attacher une valeur chiffrable aux actes vertueux et aux actes de péché. Autrement dit, le Juste Milieu serait celui d’une balance, qui pourrait être contrebalancé par certains afin de l’atteindre quand d’autres font pencher ladite balance du mauvais côté.
Une telle vision marchande de la vie humaine – à travers ses actes – serait faussée au possible : l’homme ne serait plus entièrement responsable de ses choix, puisque d’autres pourraient atténuer ses fautes. Or, la confession et la demande du pardon doivent être sincères pour être entendus. Que penser alors d’une humanité ou les péchés et atrocités commis par certains ne compteraient pas ? D’où la possibilité d’un double péché dans l’isolement monacal ipso facto : le retrait du monde et ce qu’il implique dans la recherche de la vertu – rendue impossible -, et l’orgueil de pouvoir se substituer à la raison et au libre-arbitre qui font de nous des hommes conscients et surtout responsables de leurs péchés.


* * *

Mais l’égoïsme est dans les faits loin d’être ce qui pousse certains hommes et femmes à se retirer en abbayes et couvents.
C’est l’Amitié qui pousse les moines et moniales à prier pour le salut de leur prochain, non la prétention de pouvoir absoudre les péchés de l’humanité. Le sacrifice qu’ils font de leur vie temporelle n’est péché d’orgueil que si il est effectué en désirant bénéfices matériels ou spirituels ; or, ce serait méconnaître la raison de ces enfants de Dieu qui, à leur échelle, prient le Très-Haut quand d’autres lui préfèrent non pas forcément le péché mais une attitude plus passive.
Ils possèdent donc dans l’extrême majorité des cas les vertus de don de soi et d’amitié : c’est-à-dire que, loin de fuir la société, ils préfèrent rester des repères intemporels pour ceux qui se laisseraient trop emporter par les affres de la vie des cités.
Certes, il peut parfois exister des loups avides de reconnaissance, de pouvoir au sein de l’Eglise parmi ces honnêtes hommes et femmes ; mais l’exception n’est en rien règle générale. La tempérance, l’humilité, la défense du dogme et des fondements de notre Eglise sont les valeurs qui les animent. Il est important de ne point perdre de vue que leur sacrifice n’est en rien ostentatoire : c’est-à-dire que ces religieux ne font jamais acte de vanité en se nommant les sauveurs de l’humanité ou les victimes volontaires de l’imperfection des hommes.

* * *


L’isolement monacal n’est donc en rien péché d’orgueil ; c’est au contraire ne jamais prendre de recul sur nos errements et nos erreurs qui est blâmable. A leur échelle, c’est donc plus une réflexion de nos actes et une image positive que cette instance de l’Eglise nous envoie. Si les abbayes et monastères sont silencieux, c’est pour être mieux propice à la pensée et à la justice : Dieu nous a donné les moyens d’évaluer la valeur de nos actes ; les moines et moniales nous aident à effectuer ce – parfois difficile – calcul.

Haerindor du Palatinat
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